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Conçus au Nord, réalisés au Sud, les beaux objets d'Umaé

Article par Benjamin SARAGAGLIA , le 17/04/2007 à 16h08 , modifié le 18/07/2008 à 12h23 0 commentaire

Original : pour le design de ses produits équitables, Umaé s'adresse à des créateurs français.

Parmi les objets déco et meubles fabriqués dans les pays du sud puis vendus dans nos contrées par le biais du commerce équitable, ceux d'Umaé se distinguent par leur design... En effet, la société a fait le choix de s'adresser pour cette étape à des créateurs français. Leur argument : "nous voulons que nos produits soient achetés parce qu'ils sont beaux, pas parce que les clients veulent faire un geste. C'est la seule solution pour que le commerce équitable reste pérenne." Papabanki


Conception artisanale et ligne occidentale, le tout dans une logique respectueuse des producteurs : comment les objets de la marque Umaé arrivent-ils à concilier ces paramètres ? Examinons la chaîne de fabrication de leur tabouret Papabanki (voire photo) pour répondre à cette question.


Le designer de cet objet, Joël Biet, est allé rencontrer des artisans de la vallée du Bamenda, au Cameroun. Les habitants de ce village, historiquement comme culturellement, accordent beaucoup d'importance à la sculpture. Et comme la première règle que s'impose Umaé est de respecter la culture du pays, Joël Biet a décidé de s'inspirer d'un siège cérémonial d'initié. La deuxième règle étant de s'adapter aux matières du lieu, le tabouret est fabriqué en bois d'ayous et teinté à l'extrait de cassel (un pigment naturel). Troisième règle : tenir compte du savoir-faire des artisans. La spécialité de ces villageois étant la sculpture sur bois, le designer leur a demandé de réaliser le tabouret dans une seule bille de bois. Résultat : le meuble n'a pas le moindre clou ou point de colle !

Mais le gros du travail du designer consiste à remodeler l'objet pour le rendre contemporain, l'occidentaliser et le rendre commercialisable dans les pays du Nord. Joël Biet a ici choisi de garder les espaces qui laissent passer la lumière, mais d'incurver la forme globale et d'affiner les bords.

Rappelons que nous parlons de commerce équitable... la notion économique intervient donc pour une part importante dans la conception de ces produits. Leur prix final se décompose ainsi : 40% pour le distributeur, 20% de TVA, 20% pour les artisans et 20% pour Umaé (répartis dans le transport, le salaire du designer et... de quoi faire tourner la boutique). Ainsi, le tabouret Papabanki étant vendu 130 EUR, ses fabricants touchent 26 EUR par pièce. Comme cette somme est largement supérieure à celle qu'ils touchent dans le commerce traditionnel, ils ont pu investir dans des machines et du petit outillage qui leur permettra par la suite de gagner du temps et de mieux fignoler leurs meubles...

 
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