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La cuisine américaine était française

Article par , le 08/12/2005 à 14h54 , modifié le 11/07/2008 à 14h35 0 commentaire

Très à la mode, les cuisines ouvertes sur le séjour permettent surtout de pallier le manque de place des intérieurs citadins.

"3 pièces, cuisine américaine, très lumineux". Dans les petites annonces, la cuisine dite "américaine" est autant prisée que les "moulures" ou autres "cheminées". Et même si elle n'est plus rare, elle est toujours gage de modernisme et de convivialité. Mais pourquoi "américaine" d'ailleurs ? Une usurpation de langage selon Christophe Gazel, directeur de l'IPEA (Institut de promotion et d'Etudes de l'Ameublement). "Les premières cuisines ouvertes ont été réalisées en France au début du 20è siècle dans des logements sociaux afin de gagner de la place".

C'est seulement par la suite qu'elles ont franchi l'Atlantique et se sont adaptées aux intérieurs américains. Et à leur gigantisme. Au Canada par exemple, les cuisines donnent sur le "vivoir", littéralement pièce où l'on vit mais n'ont pas remplacé le living-room, pièce plus conventionnelle. "Nos cuisines ouvertes n'ont rien à voir avec celles que l'on trouve aux Etats-Unis, estime Marie-Pierre Dubois Petroff *. Car c'est avant tout pour aménager nos petits intérieurs que les murs des cuisines sont tombés.

Photo ci-dessus : Cuisine d'hier où l'ouverture consistait en un simple passe-plat à celle de demain où elle devient l'élément central de la pièce (à gauche, L'art Ménager français, Flammarion 1952, à droite, concept "cuisine" par Snaidero, 2002)

Essentiellement mais pas seulement. "Cela correspond aussi à une évolution de la façon de recevoir", précise l'architecte. "Le schéma de la mère de famille affairée dans la cuisine tandis que les invités sont dans la salle à manger n'est plus à l'ordre du jour". L'heure est au décloisonnement. Avec ses avantages et ses inconvénients : gain d'espace donc, de lumière, efforts de décoration dans la cuisine qui se doit d'être jolie puisqu'elle n'est plus cachée mais aussi bruits, odeurs et désordre.

"L'odeur de frites avant de manger, ça met en appétit, après, c'est très désagréable", juge l'architecte. D'où la nécessité d'améliorer les systèmes de hottes. "Pour dissimuler les piles d'assiettes sales, avoir un plan de travail plus bas que le bar peut être une solution", poursuit-elle. De même qu'un système de portes coulissantes que l'on peut refermer pour s'isoler. Après les excès du "tout ouvert", il semble que la tendance soit davantage au cocooning et au retour des espaces délimités. Une cuisine toujours ouverte mais modulable.

Plus les Français ouvrent leur cuisine et plus ils lui consacrent un budget important. Normal, cette pièce fait désormais partie du décor.

  • Prix moyen d'une cuisine complète, (hors électroménager) : 4.340 € ttc en 2003 (contre 3.800 € ttc en 1995). Cette évolution s'explique par le choix de systèmes de rangements plus nombreux et de matériaux plus diversifiés.
  • En 1995 le marché des meubles de cuisine (rangements, buffet, table et chaises) représentait 1,48 milliard d'euros, il était de 1,67 milliard d'euros en 2003 soit 20 % du marché du meuble. (Chiffres IPEA)

 
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