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Rencontre avec Cédric Ragot, jeune prodige de la déco

Article le 15/07/2008 à 15h41 , modifié le 04/05/2009 à 18h01 0 commentaire

Des fauteuils arachnéens, un vase qui poursuit son ombre, un bougeoir comme un orgue, des tables basses d'une densité extrême, Cédric Ragot revisite les objets avec un esprit où l'art n'est pas avare.

Vous avez créé votre studio à 29 ans, mais quand avez-vous vraiment su que vous étiez devenu designer ?

Cédric Ragot : Je ne sais pas si l'on se réveille un matin designer mais on sait très rapidement que l'on consacrera sa vie à la création. La décision de s'établir en toute autonomie relève de la volonté d'être libre, dans ses choix et dans sa méthode de travail. Mais pour prendre conscience de ces différentes alternatives, j'ai eu besoin de goûter à la vie d'entreprise, à l'ambiance de l'agence, tout en conservant une plage de liberté en cumulant des collaborations free lance et des initiatives personnelles. La création d'un studio est la synthèse de cette succession d'expériences et l'unique contexte de travail dans lequel je me sens pleinement utile.

Cedric Ragot Roche Bobois


Vous combinez la fonctionnalité d'un objet en lui insufflant votre forte personnalité artistique. Pendant le processus de création, à quel moment savez-vous qu'un objet est terminé ?

Cédric Ragot : Je lève le crayon ou la souris lorsque j'ai le sentiment d'avoir répondu avec précision et justesse à la question que je me suis posée. La fonctionnalité de l'objet est son degré O, ce qui le distingue de l'art. Mais à la valeur d'usage s'ajoutent de nombreuses notions qualitatives comme l'ergonomie, la réalité d'industrialisation, le positionnement du produit sur des marchés très concurrentiels et saturés, et surtout la valeur émotionnelle et spirituelle d'un objet. Ces objets vous accompagnent dans votre quotidien, ils sont serviteurs ou dominateurs selon l'usager, mais la cohérence ou la complexité de l'ensemble des paramètres qu'il prend en compte feront de lui un bon, ou un mauvais objet. Je préfère les bons et donc recherche l'équilibre entre ces divers paramètres.

L'industrie vous tend les bras avec la création récente d'un jouet-robot. Est-ce plus jubilatoire que pour les meubles ou d'un ordre différent ?

Cédric Ragot : Je suis un designer industriel et l'industrie a toujours été et sera mon terrain de prédilection. Mon incursion dans le domaine du meuble et de l'objet de décoration est récente : 2003-2004. Mes collaborations passées avec Shoei, Salomon, Alcatel, TCL, Scott, Puma... sont mon humus. La complexité industrielle et les moyens techniques mis en œuvre représentent une opportunité de création formidable. Mais après quelques collaborations avec Christian Ghion ou Christophe Pillet, j'ai pris conscience de l'essentiel besoin de cultiver mon langage personnel sur des projets au cahier des charges différent, donnant par la même occasion le chant libre à l'expression. Le mobilier représente pour moi une forme d'incubateur. Mais la création n'est pas un domaine hermétique et ces deux univers (industriel et mobilier) échangent et profitent l'un de l'autre dans mon processus. Ceci dit, vous croisez plus fréquemment quelqu'un dans la rue avec un téléphone que vous avez dessiné qu'un intérieur meublé chez Cappellini avec vos créations, mais le plaisir est identique !

Vous avez exposé à New York, Hanovre, Milan et Paris. Existe-t-il des réactions communes à tous ces pays pour votre œuvre ?

Cédric Ragot : L'intérêt est vif et croissant mais trop jeune pour déjà en tirer des généralités. L'étonnement serait la première réaction commune.

Il se dégage de vos objets une certaine virilité... Lorsque vous les concevez, les destinez-vous à un lieu, à une personne ?

Cédric Ragot : La question du sexe n'intervient pas dans mes objets, ils sont destinés à créer une nouvelle appréhension de la matière, une matière vivante ou figée dans sa croissance. Lorsque je conçois, l'objet devient le donneur d'ordre, je réponds à ces exigences et l'usager auquel il est destiné est toujours unisexe dans mon esprit. Il peut être masculin ou féminin selon les projections que chacun émet, mais il cherche à être fort et bavard. Ce n'est pas une exception masculine ?

Vous travaillez pour Tools Gallery, Roche Bobois, Cappellini... Comment cela se déroule-t-il ?

Cédric Ragot : Les collaborations sont avant tout des relations humaines donc par essence toutes différentes.
Nous nous rencontrons par hasard, le plus souvent, ou par intérêt commun sur une exposition, dans un salon. J'ai fréquenté la Tools Gallery et partagé une passion avec Loïc Bigot bien avant que l'idée de travailler ensemble ne nous effleure l'esprit. Ensuite les projets ciblés, orientés pour la marque, la galerie, sont élaborés en commun ou sont issus de démarches personnelles. La relation se construit dans le respect des envies et choix de chacun. L'écoute est  essentielle.

Cédric Ragot Design Studio : www.cedricragot.com
 
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