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Rencontre avec Claudio Colucci, designer malicieux et enfantin

Article par La rédaction , le 27/06/2008 à 11h29 , modifié le 04/05/2009 à 18h02 0 commentaire

Formes rondes, colorées et malicieuses, les créations de Claudio Colucci donnent le rose aux joues et le sourire aux lèvres.

Claudio Colucci est un designer en perpétuel transit entre Paris et Tokyo où il a une agence, travaille le mobilier, l'architecture d'intérieur et la scénographie. Des cartes multiples pour un homme ouvert au monde et à ses surprises.

Coffee Drop Splash Claudio ColucciComment résumeriez-vous votre activité à un néophyte ?

Claudio Colucci : Aujourd'hui le design est compris dans son sens assez précis, le public fait bien la différence entre un décorateur et un designer. S'il ne la fait pas, je dirais que je réalise de l'architecture d'intérieur et du design produit. Je dessine mes pièces, je ne suis pas un styliste qui prend des objets pour décorer un intérieur. Je conçois et je fais réaliser mon mobilier. Même chose pour l'architecture d'intérieur, je dessine mes architectures et tous les détails. Du mobilier aux tapisseries en passant par les moquettes ou le système de lumières. C'est un produit unique, un travail d'auteur.
 
Comment avez-vous été amené à vous occuper de l'hôtel Lumen à Paris ?

Claudio Colucci : C'est d'abord une rencontre avec le propriétaire. Le projet était un peu compliqué car je le reprenais en cours de route avec un calendrier et un budget serrés. C'était un beau challenge à relever, j'ai donc accepté. D'autant plus que son propriétaire voulait un hôtel de style parisien, plutôt baroque, ce qui, à la base, ne correspond pas du tout à mon style, au contraire très contemporain. J'ai trouvé une voie d'entente en appliquant ma formule magique que j'appelle « morphing » c'est-à-dire réunir des choses a priori opposées, des entités éloignées, pour former quelque chose d'original. Je me suis amusé avec les styles baroque et haussmannien en les réinterprétant à mon goût.
 Carafe Un Verre Claudio Colucci
Vous avez aussi beaucoup travaillé la lumière ?

Claudio Colucci : Le nom de l'hôtel « Lumen » m'a donné envie de rebondir sur cette idée. La qualité de la lumière à Paris m'évoque un jour de pluie sur les toits, une ambiance un peu mélancolique que j'ai interprétée dans l'hôtel avec plus d'humour et de dynamisme. J'ai très peu travaillé la couleur si ce n'est un chromatisme de gris et seulement une touche de couleur par pièce : l'orange, le bleu, le rouge...Mon but était aussi de mettre tous les détails du style baroque en lumière et en faire ainsi des éléments très contemporains, très techniques. J'ai donc déplacé les plafonds et les moulures qui ont l'air de flotter. La lumière les traverse donnant ainsi un sentiment de légèreté. Au Japon il y a une plus grande culture du design de lumière. Je m'en suis beaucoup inspiré.
 
Justement, vous vivez et travaillez entre Paris et Tokyo, comment est né ce mode de vie ?

Claudio Colucci : A l'origine, j'étais parti découvrir Tokyo avec l'idée de repartir vers d'autres pays dans la foulée. En arrivant, j'ai découvert un pays magnifique. Une aventure en a amené une autre jusqu'à une exposition. J'ai eu pas mal de succès. Au moment où je pensais rentrer en France, Philippe Starck m'a appelé pour que je lui donne un coup de main sur un projet. J'ai accepté et les choses ont très vite démarré. J'ai ouvert une agence et j'ai commencé à faire des allers-retours sans vraiment pouvoir partir de Paris ni de Tokyo. C'est un mode de vie qui me plait, qui correspond à mon style de travail. Je n'apporte pas le Japon en France ni la France au Japon mais je crée une symbiose de ces deux éléments.
 
Qu'est-ce qui vous aimez le plus à Tokyo?

Claudio Colucci : Il y a une culture de la contradiction au Japon.
On peut très bien y faire cohabiter des choses contemporaines et très classiques, trouver une tour en verre à côté d'un temple en bois. Cela vaut aussi dans les traditions culinaires ou le style de vie, l'art de la contradiction est porté à l'extrême et donne des choses très belles. De loin, la ville semble complètement chaotique mais observée de plus près elle s'avère très organisée, très rangée. De plus, le Japon est un laboratoire, il y a une accélération très forte, les choses vont très vite. On peut expérimenter plein de choses. Il y a aussi une culture de l'éphémère, on ne construit pas forcément pour que cela dure. Cela va à l'inverse de l'Europe où la culture est plus assise.
 
Votre travail n'est pas dénué d'humour, n'est-ce pas un élément à manier avec précaution ?

Claudio Colucci : C'est vraiment un équilibre très sensible. Il est très facile de tomber dans le gadget, dans des choses qui, au final, ne sont pas drôles. L'humour, ce n'est pas créer des objets rigolos ou enfantins mais plutôt de porter un regard sur les choses qui fasse que le dessin lui-même en devienne un peu humoristique ou sensuel. Que ce ne soit, en tous cas, pas une prise de tête.Delicabar Claudio Colucci

 
Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Claudio Colucci : Les voyages. Mes Paris-Tokyo : reculer pour mieux observer. Partir de Paris, c'est mieux voir Paris. Même chose pour Tokyo. Ces voyages me permettent de faire des croisements inattendus. Je cultive cette recherche hasardeuse. J'aime m'échapper, me perdre et prendre les choses comme elles viennent. 
 
Des projets ?

Claudio Colucci : Nous avons gagné un concours pour un autre hôtel du groupe Accor à Marseille sur le vieux port qui ouvrira en juin 2008. Je réalise aussi mes deux premiers projets d'architecture en Savoie. Des villas contemporaines. Ce sont des cubes avec des toits plats végétalisés. Cela n'a pas été facile parce que dans la région les toits sont plutôt à deux pentes ! Comme mon client partage sa vie entre l'Asie et la France, il m'a demandé d'y mettre une petite touche asiatique, j'ai ainsi pu appliquer mon concept de morphing.

En savoir plus : http://www.colucci-design.com/

 
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